In the mood for jazz

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11 novembre 2011

Parlons-en, parlons-en...

Il y a un peu plus d'un mois, je suis allé voir la nouvelle pièce de DV8, "Can we talk about this?". Il s'agissait d'un recueil de récits et témoignage tournant autour de la difficulté d'avoir un débat serein autour de l'Islam, tellement les critiques déclenchent un déferlement de réactions passionnées, parfois violente ou ultra-violente. L'aspect le plus intéressant du spectacle était celui qui traitait de l'auto-censure, en précisant "it is racist not to criticize". La pièce tournait cependant un peu en rond, d'autant plus que la France ne souffre pas réellement d'une auto-censure dans ce domaine... La pièce a été représentée sans encombre, et avec une couverture médiatique minime, pendant une semaine au Théâtre de la Ville.

La programmation de la pièce de Castelluci (que je regrette d'ailleurs de ne pas avoir vue, même si elle me semble assez dure), dans le même théâtre, quelque semaines plus tard, a déclenché en revanche les évènements que l'ont sait de la part de certains catholiques. Est-ce l'effet du Festival d'Avignon? Est-ce le titre plus explicite de l'oeuvre? Est-ce la couverture médiatique? Je ne saurais pas me substituer aux prêcheurs de bonne morale pour dire qu'est-ce qui doit déclencher leur ire, et qu'est-ce qu'il peuvent tolérer, mais je trouve ironique que quelques barbus musulmans aient décidé de montrer leur solidarité à cette occasion avec leurs confrères catholique, et être de la fête eux aussi...

voilà, maintenant qu'on en a parlé, je ne sais plus ce que je voulais dire.

17 août 2011

ay si si claro paloma

avec beaucoup de retard, retour sur un des meilleurs spectacles de la saison (c'était pas dur, ceci dit, la concurrence était loin d'être rude).

Outre le titre, la chanson qui a donné le titre, et la présence de Pedro Almodovar dans la salle, le dernier spectacle de la dame en noir n'évoquait pas trop le Chili (bon, ok, Pedro Almodovar n'a rien à voir avec le Chili non plus, mais il fallait bien que je la case). Mais bon, comme le Chili a co-produit, le titre, et la chanson ay si si, l'ont évoqué. soit. reste un spectacle de danse suffisamment fort et bien construit, pour que deux mois plus tard, puisse venir l'envie à quelqu'un d'en parler.

Solos, sketches, robes longues, cheveux,... de prime abord, le spectacle pourrait être décrit comme le précédent ou celui d'avant. Il est sans doute plus spécial en tant que dernier spectacle de Pina Bausch, mais j'ai l'impression que celà ne fait que renforcer son fil conducteur qu'est le temps: que ce soit par les changement d'attitudes et de sentiments des uns et des autres dans les sketchs, ou par cette évocation du présent relevée ici, ou par le retour en arrière du final dans lequel les premières scènes du spectacle défilent rapidement en ordre inverse.

Jolie alchimie entre ce thème et le vocabulaire développé (voire usé) par la chorégraphe depuis le début des année 80. Le rythme des sketches et des solos passe au second plan, et c'est la succession des personnages, et les mouvements de groupe qui donnent plus le ton au spectacle. Une dernière ronde...

25 avril 2011

Laissez pisser en paix

Il y a une dizaine de jour, un fait divers a été rapporté par les journaux sous la forme suivante: "une oeuvre controversée détruite à Avignon"

L'oeuvre en question est une photo d'Andres Serrano, datée de 25, intitulée "Piss Christ". Elle représente un crucifix, plongé dans un liquide jaune (l'urine de l'artiste, d'après les descriptifs de l'oeuvre), avec une lumière qui tire sur le rouge. L'ensemble est ouvert à interprétation. Et la richesse des possibilités, font, dans ce cas, un des forces de cette oeuvre.

Si l'ensemble des articles, que j'ai lus à propos de cet incident, mentionnaient d'une façon où d'une autres les motifs de la destructions, et la mobilisation contre l’exposition, aucun ne mentionnait que l'oeuvre a été exposée il y a deux ans, sans incident, au Centre Pompidou, dans le cadre de l'exposition "Traces du Sacré". On se contente de faire un panorama des oeuvres ou images qui ont choquées les religieux ces dernières années (publicité de Marithé + François Girbaud ou Benetton), et on en tire la conclusion facile que cela a toujours existé!

Pourtant, sans que ce ne soit un fait inédit, n'est-il pas plutôt à lire dans une tendance actuelle? J'ai parfois l'impression de radoter, mais je reste étonné que, lorsque les journaux font un rapprochement avec "Présumés Innocents", l'exposition de Bordeaux qui a été cible de contestations et de procédures judiciaires, ils omettent de préciser que les responsables de l'exposition ont attendu plus de 10 ans avant qu'on leur foute la paix. Ils omettent de relever les conséquences que ça a, sur les institutions (radotons encore), alors que l'exposition Larry Clark a fermé ses portes à peine 4 mois plus tôt.

Pour ma part, j'aurai tendance à voire dans tous ces faits, qu'ils soient minimes ou graves, une suite logique dans laquelle la liberté perd un peu de terrain au profit de cette définition inégalitaire apparue en France en 2003 avec les lois sur le raccollage passif et la mendicité agressive, et réaffirmée récemment avec celle portant sur la dissimulation du visage: la liberté des uns s'arrête là où commence le regard des autres

13 mars 2011

Avec mes sabots

Akram Khan a bien de qualités, mais la subtilité n'en fait pas partie. On ne peut donc pas dire qu'on n'était pas prévenus. D'autant plus qu'avec un titre aussi clair que "Vertical Road", il a pas fallu chercher longtemps pour savoir de quoi ça parle.

Il n'en reste pas moins que c'est un chorégraphe bourré de talent, et malgré les violons (horribles), et les multiples évocations littérales du rapport à la religion (des bras tendus vers le ciel, aux tablettes brandies par le danseur au cheveux longs...)... donc malgré et avec tout ça, il réussi son spectacle. Pourquoi? peut-être parce qu'il ne réinvente pas la poudre, et ne prétend pas le faire. Il dessine un spectacle qui puise clairement son inspiration dans le Sacre du Printemps de Pina Bausch, ou dans certaines oeuvres de Sacha Waltz, et qui rappelle aussi les tensions groupes/individus de Artifact Suite (Forsythe).

C'est surtout ce jeu entre le groupe en transe, et l'effort d'un individu d'en sortir, qui donne les plus beaux moments du spectacles: quand dans un groupe parfaitement synchronisé, un danseur soudain s'arrête. Ce jeu de rythmes et de contrastes est bien maîtrisé par le chorégraphe, et ses danseurs. Certes, le fil conducteur du spectacle est un gros fil rouge bien visible, que les violons reviennent régulièrement appuyer, mais ces instants fugaces, qui se développent autour, laissent échapper des émotions fortes au rythmes des percussions bien plus réussies.

14 novembre 2010

Séances de révision

Ce début de saison a été pour moi l'occasion de revoir deux spectacles, d'en rater un, de revoir du Cunningham (pour la première fois depuis longtemps), et d'oublier que j'ai un blog...

Mais je n'ai pas encore accepté de renoncé à cette place d'espace le plus confidentiel du web, et à l'absurdité d'écrire des impressions sur des spectacles déjà complets, déjà passés, et qui intéressent surtout des lecteurs de télérama plutôt que des internautes. Ce serait laisser un champs de plus à la rationalité dans ma vie, qui y occupe déjà trop de place. Alors, par résistance au quotidien quotidien, comme le dit superbement Monoprix, je ressucite mon blog avec quelques phrases sur les mois d'octobre et novembre:

- 3 Abshied (Keersmaeker/Bel): revoir ce spectacle après quelques mois, était surtout pour moi l'excuse de revoir le co-abonnés en début de saison. Ni exceptionnel, ni raté, il méritait quand même ce deuxième coup d'oeil: l'occasion de confirmer que Anne Teresa de Keersmaeker récite le même texte à la lettre près, tandis que Jérôme Bel improvise un texte sur les mêmes idées... L'occasion de constater surtout que la place du spectateur est en conséquence assez curieuse puisqu'on lui propose une conversation sur un mode informel, alors que c'est réellement un spectacle millimétré... que ce soit pour le texte ou la gestuelle. Et l'occasion de constater que le chant d'Anne Teresa de Keersmaeker ne s'est pas amélioré, et que le 3ème abschied est toujouirs aussi pénible.

- The Ballad of Sexual Dependancy: on a beau être fan et prévenu, l'oeuvre reste quand même impressionnante, et l'accompagnement des Tiger Lillies tout à fait adapté. L'enceinte d'une salle de concert lui confère un écrin pour une projection ininterrompues, avec début et fin bien ponctués, et du coup, l'aspect "histoire" du diaporama fait à nouveau couler des larmes.

- Cherry-Brandy (Josef Nadj): exception de la liste, spectacle totalement nouveau, d'un artiste dont le travail m'est déjà familier. La recherche esthétique de Nadj m'étonnera toujours par son inventivité. Si le spectacle m'a paru un peu long, et si je perds comme toujours la capacité à faire des liens avec les références citées, je reste abasourdi devant certaines images, comme le début où on découvre des bouts de l'anatomie des danseurs associés dans des poses indéchiffrables.

- 3 pièces de Cunnigham : si je reste hermétique à la musique concrète, à la manière de la grand-mère de Cédric Andrieux, je rentre pour la première fois réellement dans l'esprit des spectacles de Cunnigham, surtout celui des deuxième et troisième volets (c'est à dire les pièces de 1970 et 1958) qui montrent clairement les héritages dont ont bénéficié respectivement William Forsythe et Mats Ek. Un beau volet de l'histoire de la danse, ponctué aussi des interventions de Jasper Johns et de Roy Lichtenstein.

Ce blog n'est pas mort, et moi non plus! Hurray!

12 octobre 2010

Crossing the bridge

Il paraît que j'ai un blog. Oui c'est vrai. L'adresse c'est http://aligateau.free.fr . Même que je le tiens depuis plus de 5 ans! Mais ça fait un moment que je ne prends plus le temps d'aligner trois lignes cohérente de façons régulière... que voulez-vous? la vie prend le dessus, et même si j'ai le seul journal vraiment intime du net (moins d'une visite significative par jour, et pour seules requêtes google, tout ce qui concerne les titres de séjour), j'ai pas toujours eu le temps:

  • ni de pousser un petit milliard de coups de gueule contre le gouvernement que j'ai imaginé pousser
  • ni de raconter la fin de 5 ans dans mon ancien boulot, et les adieux déchirants aux collègues que je reverrai dans moins d'un mois à la fête du CE
  • ni de parler du voyage à Istanbul (pour cela il faudrait bien plus qu'une note de blog), et je vais me contenter d'une photo.

topkapi

donc voilà, nouvelle étape dans ma vie, après une grosse parenthèse de blog. Me voici dans mon nouveau état marital, mon nouveau boulot, et demain commence la nouvelle saison... avec ce spectacle que j'ai déjà vu!

16 septembre 2010

L'heure du goûter

A cause des baisses de subventions du Ministète de la Culture, la deuxième cérémonie des gâteaux d'or a lieu sans fanfare, avec deux mois de retards, à l'heure même où je réalise que mon dernier déplacement professionnel pour mon boulot actuel me fera rater le premier concert de la saison 2010-2011.

alors, en bref, voici les lauréats, énoncés dans la plus stricte intimité (pour un rappel des définitions voir ici):

- La Meringue: plusieurs nominés mais au final c'est Hofech Shechter qui réunit le mieux la boursoufflure, les moyens mis en oeuvre, et l'ennui. - L'Opéra (qui, je tiens à le rappeler récompense la meilleure représentation d'opéra): The Fairy Queen, à l'Opéra Comique (talonné par un magnifique Sémélé présenté au TCE, et non chroniqué) - Le Macaron: L'Amant Jaloux de Grétry pour la légerté de l'oeuvre, de sa mise en scène, de la direction et de la fluidité du chant, un petit bonheur vite consummé (1h30). Un autre Macaron est décerné à La flûte enchantée, dirigée par Jacobs dont on attends toujours la sortie en disque. - L'éclair au chocolat (qui récompense le meilleur spectacle de Jérome Bel de la saison, euh, pardon, qui récompense le meilleur spectacle simple et court, et qui apporte beaucoup de plaisir): il va sans conteste à Cédric Andrieux (de Jérôme Bel), même si l'année a été riche en nomminés (Radio Muezzine en tête) - La tarte fine aux pommes: impossible de départager les trois reprises jubilatoires que sont "Rosas Danst Rosas", "The Show Must Go On", et "Daddy... I've seen the piece[...|/index.php?post/2010/05/25/Daddy...-I-have-finally-seen-THE-piece-by-Robyn-Orlin]". - Sacher Torte: à l'unanimité du jury dont je suis le seul membre, 32 rue Vandenbranden (Peeping Tom) remporte le prix du meilleur spectacle chorégraphique (les autres qui m'ont bcp plus ayant déjà été primé ailleurs)

Bon, et Bob Wilson et le Berliner Ensemble alors avec l'Opéra de Quat' Sous? faudrait trouver un nom pour le prix honorifique pour la carrière peut-être...

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